La Division au combat   (Récits anecdotiques)

 

Le Retour

Quelqu'un s'écria :" Là-bas... Regardez... C'est la terre !...".

 

Ancré au fond de nous-mêmes, le septicisme né des longues attentes nous interdisait de croire aussi brutalement à la réalisation de notre grand rêve. Nos cœurs battaient cependant.
Si c'était vrai ? Si cette lourde brume grise allongée sur l'horizon était vraiment la côte? Si aucun vent ne la déchiquetait bientôt en longues écharpes pâles?

Maintenant, on ne peut plus douter. C'est bien la terre, droit devant nous, la terre de France, accueillante à ses enfants.

 

Sans qu'on sache comment, un grand silence s'établit sur le pont du navire, grouillant pourtant de monde. Dans la lumière translucide du beau ciel provençal, un clairon égrène les notes du salut aux couleurs. Premier salut à la Patrie retrouvée! Et d'un seul cri jaillit de toutes les poitrines l'hymne des coloniaux.
 

L'exil apparaît tout à coup lointain, comme appartenant à un passé depuis longtemps révolu, estompé dans la série des souvenirs anciens.
Et nous comprenons que nous n'y penserons plus désormais qu'avec une douce fierté.


Nos Tirailleurs  
 

OUOGUIN OUOH était agent de liaison à la Section de  Commandement et avait suivi son Capitaine auprès du Chef de bataillon, sa compagnie étant en réserve.
C'était, ce matin-là, l'attaque de La Valette. Une première crête ayant été dépassée par les éléments de tête du bataillon, le Capitaine appelle OUOGUIN OUOH et lui dit d'aller prévenir la compagnie qui devait suivre le gros du bataillon à 500 mètres environ.
OUOGUIN OUOH part en courant et arrive à la compagnie qui est prise à. Ce moment sous un violent tir d'artillerie, Les obus tombent serrés, blessant ou tuant tous ceux qui n'avaient pu trouver d'abri. OUOGUIN OUOH va et vient, impassible, d'un chef de section à l'autre, calme comme à la manœuvre.

Au chef de la section de commandement qui lui ordonne de se coucher en attendant la fin du bombardement, il répond :
"Capitaine y dit moi porter ordre les sections. Y'a pas moyen coucher maintenant."

L'après-midi la compagnie est engagée et a pour mission de réduire une série de blockhaus.

A la hauteur du lieu dit "LA NORIA" elle est clouée au sol par des feux nourris de mitrailleuses et subit de lourdes pertes.
Derrière elle, le bataillon tout entier est stoppé par un bombardement meurtrier.

La compagnie reste isolée et s'organise pour résister sur place. Le Capitaine veut rendre compte de la situation, mais le "511" ne fonctionne plus.

OUOGUIN OUOH est toujours là, derrière son Capitaine, attendant un ordre.


Un message est rapidement rédigé et on demande un volontaire pour le porter au bataillon.


"Voilà moi", crie OUOGUIN OUOH. Il part, mais pour ne plus rentrer. La seule voie qu'il pouvait suivre était exposée aux vues et mitraillée dès que le moindre objectif s'y montrait.
OUOGUIN OUOH fut retrouvé le lendemain, tué d'une balle à la tête. Il avait néanmoins rampé désespérément, comme en témoignaient des traînées de sang sur le chemin, serrant son fusil dans sa main droite et tendant de sa main gauche, dans la direction du bataillon, le message qui lui avait été confié.


Le Blanchiment de la Division
Vu par la caricature  

- Coûment ! quoi qu'y en a…. çà ?
                -Ca ? C'est Général, y'en a blanchir la Division !


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